A mesure que je découvre celui-ci, qui est si riche, je suis frappée par une chose : je suis vraiment archi-basique.
J’ai vraiment consacré fort peu de temps au long de ma vie à ma petite santé : du moment que je pouvais « avancer » je m’estimais heureuse et je « m’arrangeais » de mes travers.
J’ai eu tort, c’est certain. J’aurai pu bien plus tôt commencer à redresser la barre.
Cependant cet état d’esprit, donc assez « basique », a un côté positif.
J’ai un gros problème de santé ► j’ai trouvé une solution ► alors je fonce.
Je m’y tiens. J’y vais de confiance.
Je n’y connais rien en « maladies », en « médecins » et en « traitements » (même ceux que j’ai subi je les ai évacué vite fait) et même si cela m’intéresse enfin de comprendre « comment ça marche », ça reste en «option ».
J’ai un corps, j’entends qu’il fonctionne le mieux possible pour ne plus me pourrir la vie, et me permettre de faire toute autre chose que craindre qu’il me fasse défaut.
J’ai simplement inversé ma façon de raisonner. Je considérais la maladie comme une calamité, genre un Alien indésirable, et j’ai maintenant compris que la maladie n’était pas un Alien mais un ange gardien. Je force un peu le trait bien sûr, mais c’est exprès, pour rendre à ce corps qui, bon an mal an, m’a tout de même conduite jusqu’ici, ses lettres de noblesse.
(J’espère que je parviendrai au bout de mon propos sans trop vous embrouiller… on verra)
Donc chaque matin quand je me lève, que je fais l’inventaire de mes « fonctions », et que j’en constate les progrès, je me félicite de cette nouvelle alimentation qui me répare si bien, ça renforce mon goût pour elle et, bien naturellement, je considère tout le reste comme du poison. Comment pourrais-je en effet regretter des aliments et des usages culinaires qui m’ont quasiment détruite ? Fi du fromage, du pain, de la brioche, des grillades, des gratins, et tutti quanti !
Mais plus que l’alimentation c’est, comme je le dis plus haut, un acte de paix que j’ai signé avec mon corps. J’ai compris donc que les manifestations désagréables, douloureuses, incommodantes, aliénantes pour certaines, sont les mots de ce corps. Il n’arrête pas de me parler et de bosser le pauvre ! Il déblaye à pelletées les détritus qui l’encombrent ! Il aspire à exercer sa prérogative d’auto guérison (c’est la citation de Pierre je crois : elle est bien belle !)
Cette façon de voir change ma vie. Si j’ai mal au crâne, si mon nez coule, si mes yeux sont collés, si mes oreilles sifflent, si j’ai de l’électricité dans la tête, si mes membres s’engourdissent, si j’ai des rictus, des persistances rétiniennes, des vertiges qui m’obligent à me coucher etc. c’est positif ! C’est le grand ménage de la quinqua ! J’ai de la chance que ça sorte !
C’est exactement l’histoire de la boîte de Pandore, je sais que lorsque tous les maux seront sortis du coffre, la petite silhouette qui fermera la marche s’appellera Espérance.


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