OUI PATRICK ! je sais bien cela malheureusement! la méthodo scientifique, j'ai malheureusement dû me la coltiner dans mes études, mais par la suite, bonheur, j'ai travaillé avec des profs xe fac grands fans de levy strauss, pape de l'anthropologie, pour moi , révélation, jubilation, renaissance intellectuelle évidemment !!!!
donc, pour revenir au propos, pas question de sombrer dans les memes critères "scientifiques" qui condamnent par ailleurs!
mais, c'est de ma faute, (je n'avais pas précisé!), inventer , créer entre nous, une grille de lecture commune qui permettrait, selon nos pathologies, d'en parler, relater, les changements constatés , (là serait l'objectivation). Une lecture qui m'avait fait grand effet, lors de mes études, avec Georges Devereux, psychiatre ethnologue, décédé maintenant
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a été à la base de l 'équipe militante en antropo à université Paris8): son livre s'appelle "de l'angoisse au projet" ou il revele par ses notes de travail, comment il a concu une autre facon de soigner à partir de " et je m'apercois que......"et en analysant les pratiques inverses des medecins (pour faire tres tres court!!!).
pour ceux que cela interessent; un extrait de texte qui évoque l'esprit de son travail:
Grâce à l'ethnopsychiatrie, on peut commencer à prendre au sérieux le "contenuÓ de ce que disent les patients de leur guérisons et des mondes auxquels ils s'affrontent, au lieu de les disqualifier d'avance par la notion d'ignorance, de croyance ou de représentation. On peut aussi, autour des situations expérimentales créées par l'ethnopsychiatre, commencer une enquête qui respecte les "techniques" et les "objets" par lesquels on parvient à la guérison. Respect des contenus de pensée et des dispositifs techniques, voilà ce que nous empruntons à l'ethnopsychiatrie pour engager un débat sans concession, mais aussi sans anathème, avec toutes les disciplines attachées à décrire "les mondes contemporains de la guérison". Ethnopsy se veut une revue de confrontation scientifique. Par le mot de confrontation, elle indique qu'elle ne vise pas à remplacer les revues spécialisées, mais à choisir dans la masse des travaux français et étrangers, ceux qui se prêtent le mieux aux risques de la mise en relation pour avancer dans l'écologie des pratiques de guérison. Par le mot "scientifique", elle ne cherche pas simplement à définir son sérieux académique - respect des faits, qualité des références, honnêteté des recensions, pluralité des avis, ce qui va de soi - mais quelque chose de plus ambitieux et de plus risqué : trouver à chaque fois les situations qui permettent aux sujets dont parlent les articles de se trouver en situation de récalcitrance maximale. La revue jugera donc de la qualité des articles non pas à la façon dont "ils maîtrisent leurs sujets", mais à la façon dont ils se laissent surprendre par eux, protégeant ainsi les patients contre la disqualification systématique qu'ils subissent le plus souvent dans le cadre des interrogations traditionnelles. La revue est donc prête à explorer des inventions littéraires, méthodiques, expérimentales, que la simple imitation du style prétendument savant ne saurait épuiser. Si Ethnopsy se veut une revue de "confrontation scientifique", elle s'impose de ce fait les propositions risquées, visant à transformer au moins une situation. Car parler de comment on guérit pourrait contribuer à transformer une situation, celle où patients et guérisseurs s'exposent à la disqualification en invoquant des preuves qu'ils pensent expérimentales.
Nouvelle revue, Ethnopsy voudrait éviter à la fois l'éclectisme, si fréquent dans le monde anglo-saxon et la clôture sectaire, si fréquente en France. Elle propose donc de réunir les auteurs que l'aventure passionne sur cette seule plate-forme : avez-vous des données, des terrains, des hypothèses, des dispositifs, des objets, des moyens qui permettent d'établir des liens entre les différentes façons de saisir "les mondes contemporains de la guérison", sans les partager d'avance a priori entre croyance et réalité, rationnel et irrationnel, objectivité et représentation, efficace et inefficace? Etes-vous prêts à suspendre ces qualificatifs, le temps que l'on puisse procéder à l'enquête? Ë l'heure où les mondes s'ouvrent largement les uns aux autres, à l'heure où il est possible dans chaque grande métropole de consulter thérapies savantes, thérapies culturelles et thérapies religieuses, où les patients se constituent en collectifs et viennent interroger leurs thérapeutes, leur demander des comptes sur les guérisons qu'ils promettent, la seule attitude nous semble d'accompagner les usagers dans leurs investigations.