Ces corticoïdes sont des anti-inflammatoires qui ne résolvent pas la cause du problème, mais se contentent de faire taire artificiellement la conséquence (l'inflammation). Ils engendrent souvent une accoutumance de l'organisme : il est très difficile de les arrêter sans précaution. Comme ce sont les glandes surrénales qui sont normalement chargées de sécréter nos corticoïdes naturels, la prise au long cours de corticoïdes peut perturber les surrénales et provoquer une insuffisance surrénalienne lors de leur arrêt. C'est normalement réversible au bout d'un certain temps, mais cela peut rendre l’arrêt des corticoïdes encore plus pénible.
Enfin, et c'est sans doute le pire : les corticoïdes inhalés sont localement de mini-suppresseurs de l'immunité : ils favorisent la survenue d'infections des bronches ou des poumons, des bénignes jusqu'au plus graves.
Autant de raison d'essayer de s'en passer.
Le traitement courant actuel est pernicieux car il associe un bronchodilatateur (comme le salbutamol dans la ventoline) et un corticoïde, mélangés dans le même inhalateur. Cela conduit à un emploi inutile de bronchodilatateur (c'est dangereux car peut aboutir à une tolérance à ce produit et un effet moindre en cas de besoin réel), et une surconsommation de corticoïdes en cas de crise. Ces deux produits auraient toujours dû rester séparés. Pour pouvoir diminuer progressivement les doses de corticoïdes et les supprimer, il va falloir se munir en cas de crise d'un bronchodilatateur seul, dénué de corticoïde (ventoline ou autre).
La bonne nouvelle, c'est que l'alimentation Seignalet semble bien s'attaquer au vraies causes physiques de l'asthme (en simplifiant : un encrassement interne par la caséine et le gluten, qui provoque une élimination inadaptée par les bronches), il y a donc un vrai espoir de pouvoir se passer des corticoïdes pour un asthmatique qui suit l'alimentation Seignalet depuis assez longtemps.
J'y suis parvenu et je vais faire le bilan de mon expérience dans ce message.
Prérequis
- Alimentation Seignalet stricte pendant une période suffisante. J'ai attendu 9 mois. Cela dépend de la gravité de l'asthme, mais entre 9 mois et 1 an offre une large sécurité. Il faut que l'organisme ait eu le temps de se "nettoyer" des allergènes, et que les mécanismes qui déclenchent l'inflammation disproportionnée (pour nous : dans les bronches) se soient mis en veille.
- Grâce à cette alimentation Seignalet, être arrivé à l'absence de crises d'asthmes régulières (sauf accident ponctuel très facilement réglé par de la ventoline seule).
- Avoir la motivation suffisante. Moi, j'avais vraiment la rage de vaincre mon asthme, je ne voulais pas être dépendant de corticoïdes-poisons toute ma vie. Certains arrivent à diminuer les doses puis s'en passer sans trop de heurts. Mais pour d'autres comme moi, il peut y avoir un désencrassage très difficile à passer après l’arrêt complet des corticoïdes, alors il vaut mieux être sacrément motivé pour passer le cap. Mais ensuite c'est une libération, une renaissance, et la merveilleuse satisfaction d'avoir réussi à se dépasser !
Phase 1 : Diminution progressive du traitement
Diminuer les doses de corticoïdes très progressivement, sur plusieurs mois. Les dernières doses peuvent être "une bouffée par semaine", pendant quelques semaines.
Si tout se passe bien et que l'organisme est suffisamment nettoyé et le système immunitaire suffisamment calmé, il peut ne rien se passer de particulier. Si quelques crises surviennent, essayer de les laisser passer en restant assis dans le calme complet. A la différence "d'avant Seignalet", ces crises peuvent bel et bien partir toute seules sans usage de ventoline. C'est un signe très encourageant pour la suite.
Mais si les crises se multiplient et que la ventoline est nécessaire pour les faire cesser, il est possible que des allergènes alimentaires autres que la caséine et le gluten enflamment encore les bronches : les noix et oléagineux sont à suspecter. Par précaution on peut supprimer les cacahuètes, amandes, noisettes.
A l'époque je ne l'ai pas fait, mais il est certainement excellent de préparer l’arrêt des corticoïdes par une cure d'inhalation de sélénium. Vider une ampoule de sélénium Oligosol (2mL, buvable) dans un petit pulvérisateur, diluer éventuellement avec un peu d'eau déminéralisée et utiliser comme un spray buccal pour inhaler tout le mélange. Maximum 2 ampoules par jour (matin et soir). Par exemple pendant 2 ou 3 semaines avant l’arrêt complet des corticoïdes.
Phase 2 : Arrêt complet et désencrassage
Choisir une période de l'année où l'on pourra être au calme, sans stress ni effort physique à fournir. La période de désencrassage peut se déclencher, sans raison apparente, plusieurs semaines après l’arrêt complet des corticoïdes (pour moi ce fut 1 mois après). Et elle peut durer plusieurs semaines avant qu'on soit de nouveau "opérationnel" (pour moi, cela à duré environ 3 semaines).
Certaines personnes peuvent ne pas subir cette phase, tant mieux. D'autres comme moi vont déguster. C'est à elles que je m'adresse : il ne faut pas avoir peur de cette recrudescence soudaine de l'asthme, elle est spectaculaire mais transitoire, c'est un cap à franchir.
Ce qui va se passer : les corticoïdes anti-inflammatoires empêchent par la force l'élimination qui doit avoir lieu. Après leur suppression, l'organisme retrouve cette capacité, et c'est comme s'il allait réapprendre à la faire fonctionner de manière normale. Il commence en déclenchant une très forte élimination comme pour nettoyer au karcher tout ce qu'il ne pouvait pas enlever tant qu'il avait les mains liées par les anti-inflammatoires. Ça veut dire un asthme très fort causé par de nombreuses mucosités dans les bronches. Normalement les crises finissent par cesser en position assise, au calme. Idéalement, il faudrait essayer de se passer de ventoline autant que possible, mais elle ne bloque pas l'élimination comme les corticoïdes donc elle ne gène pas vraiment le processus. Elle sera une grande aide au début pour dormir, puisque la position couchée provoque de l'asthme. Dormir avec plusieurs coussins pour surélever le buste.
Pendant cette période, il faut évacuer une quantité incalculable de mucosités, donc il faut boire beaucoup, et prendre de l'acétylcystéine (Mucomyst ou équivalent) peut bien aider.
J'ai trouvé que le jeûne était très utile pour faciliter le désencrassage. Par exemple : j'ai jeuné (strict, à l'eau) 48h, puis après quelques jours d'alimentation très légère, encore 24h. Les jours où l'on jeûne, il faut essayer de dormir au maximum, ou multiplier les petits sommes tout au long de la journée (jusqu'à ce que l'asthme nous réveille).
On peut aussi faire un quasi-jeûne : juste un jus de carotte le matin, pendant 3-4 jours. Mais bien boire tout au long de la journée.
Les autres jours, manger très léger pendant toute la phase de désencrassage est essentiel.
Compléter avec de la vitamine C, plusieurs grammes répartis sur la journée.
Continuer ou reprendre les inhalations de sélénium, matin et soir.
C'est là où il va falloir persévérer, être très patient et déterminé : si le désencrassage est très fort il est possible que vous ne puissiez avoir strictement aucune activité pendant une semaine, que le simple fait de se lever et faire 2 pas donne de l'asthme. Repos et confiance. Au bout de plusieurs jours on ressent un petite amélioration, on s'y accroche et cela continue, parfois très lentement, mais toujours dans la bonne direction.
Ensuite on sort du tunnel, et c'est la libération !
Bon, cette description peut faire un peu peur. Il faut préciser que j'ai fait mon désencrassage sans l'aide du sélénium, sans mucomyst, avec très peu de vitamine C, bref, dans des conditions assez défavorables. Il y a toutes les chances que cela se passe beaucoup mieux et plus rapidement avec toutes ces aides.
A partir de là, sans corticoïde l'organisme travaille "sans-filet", donc on n'est pas à l'abri d'une rechute, plus ou moins importante : une crise d'asthme déclenchée par une grande quantité d'allergènes auxquels l'organisme est sensibilisé (acariens par exemple), ou une période de stress. J'en ai une fois par an en moyenne, à des degrés variables. Le reste du temps, c'est pleine capacité respiratoire retrouvée, bref, le bonheur ! Cela fait 5 ans déjà.



